Karamezzine Lahlou                     Dystopia

KARAMEZZINE LAHLOU (1994, Maroc)

Diplômé de la Sorbonne (Université Paris 1) en Arts Plastiques, il poursuit ses études (Master 2) en Design, Arts et médias.

Ses recherches portent sur le monde numérique, et notamment l’impact des nouvelles technologies sur l’Homme et l’émergence de l’intelligence artificielle. Il réfléchit l’opposition entre la nature et la machine, remettant en question son obsolescence et la façon dont elle est programmée. Exploitant les failles de ces systèmes automatisés, il en fait son médium principal et suit de près l’évolution de l’espèce humaine et des nouvelles formes de convention sociales.

Ses premiers travaux ont été accueillis au FRAC centre d’Orléans dans le cadre d’une exposition collective en réponse au projet « Stop City ». Il était en résidence au sein de la galerie Fatma Jellal à l'été 2016. 

Dystopia

La recherche menée par Karamezzine Lahlou sur "L'Homme face à sa propre obsolescence" s'inscrit dans une réflexion sur la robotique et l'intelligence artificielle qui emprunte beaucoup à la science-fiction. Mais pour lui, ces fanstasmes technologiques (qui ne sont souvent que l'expression de nos craintes et doutes) qu'il s'agisse d'utopies ou de dystopies, parlent avant tout de problèmes sociaux, économiques et politiques.

Dans sa recherche, nourrie de lectures -de Bergson au Dictionnaire médicale de l'Académie de médecine- , il s'attachera notamment aux cas de transplantations. 

C'est de cette recherche et réflexion qu'est né le projet Dystopia, comme une première étape d'un projet au long cours. 

Dystopia est une ville fictive et virtuelle réalisée à l’aide d’un logiciel de modélisation 3D.

Elle est composée de 144 cellules d’habitation de forme carrée, séparées par d’étroits couloirs formant un vaste espace géométrique. Des personnes y vivent comme coincés entre quatre murs au biais desquelles elles interagissent socialement et uniquement avec une intelligence artificielle animant les parois. Ces «murs-écrans» sont à la fois transparents et miroitants, laissant entrevoir ce qui se passe derrière le mur mais également à l’intérieur de leur surface créant ainsi un trompe l’oeil perturbant pour l’individu. L’ensemble de la structure est conçue de sorte qu’il soit possible d’étendre à l’infini ces lotissements, comme s’ils étaient tous connectés mais en même temps limités par des frontières intelligentes.