Reconstituer De quelques évènements sans signification 

Pour un cinéma collectif.

« De quelques événements sans significations », Mostafa Derkaoui (1974) 


Mostafa Derkaoui est un cinéaste marocain. Né en 1944 à Oujda, il a étudié à l’École de Cinéma de Lodz, en Pologne. « De quelques événements sans significations » (1974) est son premier film. Interdit à sa sortie – et ce jusque dans les années 90-, « De quelques événements sans significations » est une oeuvre avant-gardiste engagée et libre, qui questionne le rôle du cinéma -et des artistes- à une période d'oppression politique. On y voit se rencontrer un groupe de cinéastes idéalistes qui parcourent les rues à la recherche d'un thème pour leur film, se retrouvent dans des bars, interrogent la récente naissance du cinéma marocain, et un jeune ouvrier qui travaille au port et se bat pour survivre face aux injustices qu'il subit quotidiennement.

Toute une génération d’artistes, de poètes et de musiciens (Nissaboury, Jil Jilala, Zef Zaf, Belkahia, etc) ont participé à la production et/ou au tournage, dans les quartiers populaires et les bars du port de Casablanca. Cette mobilisation du monde du cinéma, de la littérature, de la musique et de l’art pour la création d’une œuvre cinématographique indépendante, est unique dans l’histoire culturelle du Maroc.

Restauration, publication et diffusion

Le film, invisible depuis sa réalisation (censuré par les uns, jugé trop expérimental par les autres), sera restauré et diffusé, suite à la découverte de ses négatifs originaux (réputés perdus) dans une cinémathèque européenne (Filmoteca de Catalunya) qui les avaient récupérés après faillite du laboratoire en charge du développement dans les années 70.

 

L’Atelier de l’Observatoire développe, en parallèle à la restauration, un projet de recherche autour du film qui donnera lieu à une publication. Pour cela, de nombreux entretiens et rencontres publiques avec le réalisateur et toutes les personnes qui ont participé au film sont régulièrement menés avec la participation d’étudiants, artistes, cinéphiles et chercheurs.

Un projet mené par Léa Morin. Avec le soutien de l’Observatoire, le Musée Collectif de Casablanca, la Filmoteca de Catalunya, Arab Fund for Art and Culture (AFAC), Solitude Schloss Akademie et Kibrit.