Abdessamad el Montassir

Resistance

 

Abdessamad el Montassir a développé son projet RESISTANCE à l'Atelier de l'Observatoire lors d'une résidence en 2014-2015 (La Ruche), puis en 2016.


RESISTANCE NATURELLE, Daghmous

2016

 

Le Daghmous est une plante de la famille du cactus que l'on trouve au Sud du Maroc, notamment dans la ville de Boujdour au Sahara, ville natale de l'artiste. C'est une plante sauvage qui pousse en désordre.

 

Avant que les éléments extérieurs (la chaleur, le manque d’eau, les animaux et les êtres humains) ne contraignent le Daghmous à développer, au fil du temps, des systèmes de résistance (aiguilles piquantes, forme ronde, peau épaisse et eau emmagasinée dans les tissus de sa tige), ses épines n’étaient que des feuilles plates.

Pour son projet “DAGHMOUS”, Abdessamad El Montassir tentera de recréer à l’aide de scientifiques (biologistes, botanistes, paysagistes), dans un processus inversé, l’état originel du Daghmous.

 

Le projet Daghmous s’inscrit dans la série RESISTANCE que développe Abdessamad Montassir depuis plusieurs années. Après l’exploration des concepts de résistance individuelle et de résistance géo-politique, il cherche se confronter à son propre territoire.

Il mène des expérimentations autour d’un espace géographique complexe et instable, le sien, tout en cherchant à y soustraire ce concept de résistance qui s’y est développé depuis des millénaires, à travers notamment l’image du Daghmous.

 

Ce travail d’expérimentation biologique - et politique- commencera au sein de la Serre de l’Atelier de l’Observatoire mais se prolongera dans divers espaces nationaux et internationaux (notamment lors d'une résidence à  la Friche la Belle de Mai en 2016, etc) jusqu’à l’installation d’un laboratoire à Boujdour. Ces laboratoires nomades et éphémères permettront à l’expérience de se confronter à différents scientifiques, botanistes, chercheurs, historiens, militants, citoyens et publics qui pourront suivre et nourrir l’évolution du Daghmous. La laboratoire devient lieu de rencontres et d’exposition. Ces interventions et présentations font partie intégrantes du projet qui se construit également par ces interactions tout au long du processus d’expérimentation.

 

L'ensemble des témoignages récoltés, nourris d'archives, d'articles de journaux, de dessins personnels, de photographies anciennes, donneront lieu à une publication, qui sera à la fois une archive, une anthologie de narrations et un livre d'artiste.

 

PROJET en cours de développement dans le cadre de LA SERRE et du programme LA RUCHE de l'Atelier de l'Observatoire.

 

Entretien : l'INCUBATEUR, Paru dans Diptyk Mag n°31, Déc. 2015, Janv, 2016

RESISTANCE NATURELLE, Daghmous : le laboratoire

Février 2016

 

Dans le cadre de LA SERRE DU CYBER PARC à Marrakech (février 2016), Abdessamad El Montassir a créé un laboratoire in situ composé d’une plante Daghmous, et de la documentation, les photos, les archives et textes récoltés depuis le commencement de sa recherche.

Des interactions permanentes avec le public de la SERRE viennent nourrir le projet tout au longde la semaine. Le paysagiste, Mathieu Weigant, est invité à réagir et ré-activer le projet lors d’une session publique de présentation de « Résistance naturelle, Daghmous ».

Cette installation est conçue comme un espace de pensées, d’échanges et de développement du projet en cours, et s'accompagne d'une publication. 

 

RESISTANCE GLOBALE

2015

céramique, fils de résistance, poussoirs et fils électriques

175X75X4,5

 

Carte du monde en céramique traversée par des fils de résistance nichés dans des cavités horizontales. Chaque continent est relié à une pédale permettant d'allumer ses résistances. Une chaleur se dégage provoquant le recul de celui qui l'actionne. 

 

Production : L'Atelier de l'Observatoire 

Oeuvre réalisée dans le cadre du PROGRAMME LA RUCHE (2014-2015). 

 


 

ABDESSAMAD EL MONTASSIR

(1989, Maroc)

 

Abdessamad el Montassir est diplômé de l'Institut National des Beaux Arts de Tétouan et du Master "Enseignement artistique et éducation esthétique" de l'Ecole Normale Supérieure de Meknès. Il a participé au laboratoire "Art, Technologie, Ecologie, production, post-production" de l'Appartement 22 à Rabat/Fès en 2011, ainsi qu'aux expositions "Vent du Nord" à la Villa des Arts de Casablanca (2012), "Sans titre" à l'espace 150X295, Martil (2013), "Special Flag" à l'Atelier 21, Casablanca (2014) et "Mastermind programme 4" à la Galerie Venise Cadre, Casablanca (2015). Il collabore et développe ses projets au sein de l'Atelier de l'Observatoire de 2014 à 2016, et a bénéficié d'une résidence à la Friche la Belle de Mai en 2016. Lauréat en 2016 d'une bourse de Arab Fund for Art and Culture (AFAC), il initie de nombreux projets artistiques et réflexions sur l'art contemporain au Maroc, et notamment dans les régions du Sud.

 

L’oeuvre d’Abdessamad el Montassir s’articule essentiellement autour du concept récurrent de « Résistance », qu’il explore dans toutes ses significations (politique, sociale, culturelle, scientifique, etc) et applications. Très attaché à la matière, il y puise la force conceptuelle de ses installations, qu'il aime faire dialoguer par le biais de systèmes interactifs et participatifs. 

Engagé dans un travail académique sur l’histoire de l’art contemporain au Maroc, il mène de front ses recherches avec son travail artistique. Actif dans la réflexion sur l’éducation artistique au Maroc, il initie des projets visant à diffuser l’art contemporain dans des régions marginalisées du Maroc.